Jean-Louis Morelle est né en France, dans l'Oise, le 2 août 1945 de parents instituteurs.
A six ans, Jean-Louis Morelle observe au détour d'un chemin de montagne, un peintre devant son chevalet, couvrir sa toile avec énergie et faire apparaître le paysage. C'est donc décidé, il sera peintre. De Creil, sa ville natale et ferroviaire dans laquelle il vivra ses dix premières années, Jean-Louis Morelle gardera le souvenir des sifflements des trains, de la patine sombre des murs et de l'odeur de l'humus sous les noisetiers, non loin de là, en forêt de Chantilly.
Jean-Louis Morelle entend la voix de ses parents lui enseigner l'orthographe et le calcul. Le peintre qu'il deviendra s'en souviendra avec étonnement lorsque lui même enseignant l'art de l'aquarelle dans son atelier, il évaluera son singulier parcours.
Jean-Louis Morelle quitte Creil pour Compiègne, où il fera ses études secondaires. Sa dissertation de philosophie du Baccalauréat, un sujet sur l'art, est fort mal appréciée par le correcteur. Sa bonne note en dessin sauvera son diplôme.
En 1966, Jean-Louis Morelle est diplômé de dessin et d'art plastiques pour l'enseignement secondaire. Mais la vie l'amènera vers d'autres activités. Il fréquente pendant deux ans l'atelier du peintre Henri Goetz à Montparnasse,ex-académie André Lhote. Quelques peintres y travaillent encore le style cubiste, comme un reste de parfum d'avant les années 30. Lui-même peint des portraits à l'huile, chose quasi provocatrice en cette époque où règne l'abstraction.
Dans le levain créatif des années 70, Jean-Louis Morelle participe en tant que plasticien à la réalisation de concerts spectacles du Groupe de Musique Expérimentale de Bourges (GMEB). Lors des concerts, accompagnant les premiers sons de la bande électroacoustique, il dessine et illustre des contes en direct sur un rétroprojecteur. Sur un écran de plusieurs mètres, la silhouette de sa main qui dessine devient géante.
De 1970 à 1981, la peinture à l'huile ne le quitte pas mais ne le satisfait jamais. Jean-Louis Morelle grave de nombreuses eaux-fortes, et se passionne pour Rembrandt et les peintres allemands d'entre les deux guerres (Grosz et Otto Dix). Jean-Louis Morelle se rapproche de l'édition, il vit de son métier de graphiste en free lance et crée beaucoup de couvertures de livres. Les imprimeries, il en respire les odeurs avec excitation. Son oeil commence à être bien exercé à la correction des quadrichromies. En 1981, il dilue l'aquarelle dans son aérographe d'illustrateur. Peu à peu son pinceau petit gris commence à s'agiter.
Fin 1988, Jean-Louis Morelle a enfin la révélation d'un vrai choc sensoriel : l'aquarelle n'est pas un pigment mélangé avec un peu d'eau, c'est un pigment qui nage dans l'eau et qui calmement doit se reposer au fond du lac. Commence alors une longue observation. Jean-Louis Morelle s'installe dans son atelier de Montreuil et fonde avec des amis artistes l'association « Atelier sur cour » qui sera à l'origine, en partenariat avec la mairie, des premières manifestations publiques de portes ouvertes d'atelier d'artistes sur la ville de Montreuil. Jean-Louis Morelle y expose ses premières aquarelles d'inspiration libre. Pour la première fois, il ose peindre ce qu'il a devant les yeux : le désordre de l'atelier, les objets du quotidien, les voitures dans les rues. Au gré de ses rencontres, naissent ses premiers portraits et nus féminins.
Début 1993, Jean-Louis Morelle commence à enseigner l'aquarelle dans son atelier. Il réfléchit à voix haute et interpellant ses élèves, Jean-Louis Morelle découvre qu'il y a dans la pédagogie une véritable matière à une pensée créatrice.
En 1997, Jean-Louis Morelle consacre un an de travail à illustrer le roman de Marcel Proust « Un amour de Swann » (Editions Nouvelle Librairie de France, Paris). Proust l'accompagne dans son propre voyage intérieur, entre douceur et angoisse.
En 1999 paraît le livre « Aquarelle, l'eau créatrice ». Il y expose sa conception d'une aquarelle renouvelée, accompagnée par les oeuvres d'amis peintres. Jean-Louis Morelle conçoit le principe de travailler en ajoutant ou enlevant le pigment dans la matière humide au gré du cycle de l'eau et applique à l'aquarelle toutes les conséquences de la pratique de la trichromie.
Fin 2003, Jean-Louis Morelle évoque dans son deuxième livre « Journal d'un aquarelliste », les interrogations qui parcourent son travail quotidien. L'écriture est devenue son alliée pour approfondir la conscience et le partage avec l'autre.
Aujourd'hui, en 2005, c'est sur son site que Jean-Louis Morelle prolonge le lien entre le texte et de l'image. C'est un nouvel espace. Ici, les pages écrites et illustrées disparaissent et sont régulièrement remplacées par d'autres. Les traces sont éphémères.